Christiane Missegue MoDem Cantal

pour une société plus juste avec un parti libre, le Mouvement Démocrate ou "MoDem"

08 septembre 2009

Université d'été du MODEM

J’ai suivi les diverses déclarations des uns et des autres UMP, PS et MODEM,

J’ai lu le dernier livre de François BAYROU dans lequel il dénonce l’idéologie sous jacente de la majorité et je partage son sentiment. Si on ne construit pas maintenant une alternance faite de démocrates convaincus et partageant les mêmes valeurs républicaines de « l’égalité des droits et l’égalité des chances » pour tous c’est-à-dire la défense des faibles et des pauvres contre les nantis et les puissants, on signe pour dix ans d’inégalité.

Où trouve-t-on ces valeurs actuellement ? Sûrement pas dans la majorité présidentielle !

Certes nous n’avons sans doute pas la même approche que le PS quant à la méthode pour atteindre cet objectif, mais cela peut se discuter entre gens de bonne foi et qui souhaitent vraiment l’alternance.

J’ai vu François BAYROU au Grand Journal de Canal +, lundi 7 septembre.

A la question embarrassante lui demandant s’il laisserait sa place de candidat en 2012 si c’était nécessaire pour faire gagner les forces de l’alternance. Sa réponse était intéressante et sincère. Pour le moment il est question de construire un projet d’alternance et qui sommes-nous pour dire que nous seuls pouvons y arriver, sans les autres.

Certes il faudra sortir des luttes de pouvoir des leaders du PS, mais il y a parmi leurs « quadra » des gens qui ont, semble-t-il, compris l’intérêt d’un dialogue entre forces d’opposition. Et ils en sortiront grandis.

Pour ce qui me concerne, le centrisme c’est la négation du sectarisme. Alors acceptons de parler et de débattre avec tous ceux qui souhaitent lutter contre l’idéologie de l’injustice qui se met progressivement en place dans notre pays. Cette idéologie qui fait l’apologie de l’inégalité comme un gage de réussite pour la nation, est dangereuse, d’autant plus qu’elle avance masquée, cautionnée par des ministres dits de gauche !

Comment le Français, qui ne s’intéresse à la politique qu’en période électorale, peut-il s’y retrouver ? D’autant plus que les médias, TV en tête, ne ressortent que les petites phrases assassines et font souvent des commentaires orientés.

Certes les militants s’interrogent, mais c’est la suite logique des prises de positions précédentes, entre deux tours des présidentielles, votes à l’Assemblée etc…

Ou bien nous nous orientons vers une sociale démocratie avec les modérés de gauche, et de droite qui se cautionnent plus l’idéologie actuelle du Pouvoir, ou bien nous disparaissons.

Je reste persuadée qu’il n’y a pas d’autres voies. Sinon nous entrerons, c’est déjà bien engagé, dans le « chacun pour soi », la « loi du plus fort » et « la loi de la jungle ».

La somme des intérêts personnels n’a pas comme résultante l’intérêt général !

Il suffit d’étudier l’attitude des adolescents pour comprendre la déliquescence de la société actuelle qui gangrène notre jeunesse.

Il suffit d’analyser les décisions concernant l’Education Nationale. Si ce n’est pas la mise en place d’une Ecole à deux vitesses, alors que l’on m’explique ! Voyez toutes les décisions prises, elles vont dans le sens des demandes des familles aisées.

La semaine de quatre jours, la suppression de la carte scolaire, la valorisation à l’extrême de l’enseignement général et la négation de l'enseignement technologique, sans parler des suppressions de postes etc…

Dans les villes moyennes, avec la suppression de la carte scolaire vous voyez apparaître le lycée qui permet la reproduction des élites et le lycée de la mixité sociale. Dans ce dernier vous retrouvez tous les problèmes de la société actuelle alors que dans le premier les cours particuliers vont bon train.

Vous pouvez trouver de nombreux exemples de cette inégalité en marche.

Est-ce la société que nous voulons pour nos enfants ?

Les douze thèses du discours de clôture de François BAYROU, à l’Université d’été de La Grande Motte, me semblent une base intéressante d’un dialogue entre partisans d’une alternance constructive.

I-L’alternance doit donner à la France un projet de société fondé sur la solidarité, entre concitoyens et entre générations.

II-Il n’y a pas de solidarité sans liberté. Les citoyens doivent être protégés dans leur liberté individuelle et leurs libertés collectives.

III-Le principe de solidarité suppose que les efforts soient équitablement répartis, demandés à chacun en fonction de ses moyens, notamment par la progressivité de la fiscalité.

IV-Le principe de solidarité exige de protéger et de restaurer quand il le faut pour le transmettre le patrimoine écologique, terre, eau, atmosphère, climat, biodiversité.

V-Le principe de solidarité exige de donner la première place dans l’action publique au devoir d’éducation, en moyens et en exigence.

VI-Une société n’est viable que si elle permet authentiquement la mobilité sociale, l’accession aux situations de reconnaissance, d’influence et de responsabilité, les parcours de réussite, quel que soit le milieu social et culturel d’origine.

VII-Le pouvoir n’est pas une domination, il ne peut pas être un monopole. Les institutions doivent garantir à tous les citoyens une vraie représentation et un authentique équilibre des pouvoirs. L’impartialité est un impératif catégorique de l’État républicain.

VIII-Il n’y a pas de justice s’il n’y a pas d’indépendance de la justice.

IX-L’économie ne doit pas assurer seulement la production de biens au plus bas coût, elle doit aussi assurer l’équilibre de la société par l’abondance de travail, et la limitation des disparités de revenus. La protection des citoyens dans leur travail et leur épargne exige la régulation notamment des marchés financiers et de l’univers bancaire.

X-La liberté d’entreprendre et la liberté d’entreprise sont les piliers d’une économie vivante. Les petites entreprises ont droit à une protection particulière.

XI-L’Europe est un moyen précieux de notre influence dans le monde et du progrès de nos sociétés. L’Europe doit considérer que sa mission est de protéger l’intégrité des sociétés européennes et de leurs avancées sociales, et pas seulement l’efficacité des marchés.

XII-La France défend un ordre mondial fondé sur l’équilibre de la puissance, l’égale dignité des peuples et leur co-responsabilité dans l’obligation de développement.

discoursdefranoisbayrou060909

Le 8 septembre 2009

C. MISSEGUE

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