Maire d'une petite Commune, dans une petite Communauté de Communes, comment trouver un médecin qui accepte de s'installer à la campagne ?

La Communauté de Communes a pensé à créer un Cabinet Médical, dont l'achat et les travaux ont été financés par un emprunt, le loyer de l'appartement et du Cabinet remboursant l'emprunt.
C'était une bonne idée sur le fond, sauf que la population actuelle des jeunes médecins a évolué et qu'ils ont des exigences nouvelles liées :
*- à l'épanouissement social qui ne pourrait se réaliser qu'à la ville,
*- au fait que beaucoup de médecins sont des femmes qui souhaitent des horaires moins lourds pour s'occuper de leurs enfants,
*- à l'existence d'un conjoint, homme ou femme, qui travaille et craint de ne pas trouver d'emploi en zone rurale,
*- à l'évolution de la société qui demande du temps libre pour les loisirs et refuse les gardes trop nombreuses,
*- au souhait des médecins de travailler en équipe et proche d'un hôpital compte tenu de la complexité des soins,
etc...

Que faire ?
Réfléchir avec les médecins de la zone environnante afin d'organiser la permanence des soins en milieu rural, mobiliser les élus : parlementaires et conseillers généraux, afin de mettre en place une politique de recherche et de fidèlisation de médecins pour le milieu rural.
Le territoire doit être attractif et il l'est.
La qualité de vie, les loisirs sportifs ou de détente dans une nature exceptionnelle ne sont plus à démontrer.
La proximité de l'autoroute A75, du Zénith (3/4 heures de Saint Flour) sont de véritables atouts.
Alors pourquoi ne peut-on pas convaincre ?

L'organisation d'une Maison Médicale de garde, située à l'Hôpital le plus proche serait un atout non négligeable.
Le travail en équipe des médecins en poste, intégrant leurs jeunes collègues en serait un autre.

Mettre en place des Maisons de Santé pluridisciplinaires dans les zones rurales afin d'effectuer le maillage du territoire et permettre aux médecins qui s'y installeraient d'avoir des conditions de vie identiques à celles de leurs confrères de zones urbaines, permettrait sans doute de régler le problème.

Quelques médecins locaux sont conscients que leur départ en retraite sera la fin de la médecine en milieu rural. Ils s'en inquiètent et sont prêts à se mobiliser, avec les élus locaux très concernés eux aussi. Deux réunions ont déjà eu lieu qui ont permis de mieux appréhender le problème et poser des jalons pour leurs actions futures.

Reste la filière étrangère ! Pourquoi ne pas organiser, dans un département rural comme le Cantal, un accueil de médecins étrangers, roumains, grecs ou canadiens qui souvent parle notre langue et dont nombre d'entre eux sont déjà en France.

Affaire à suivre !

A bientôt.

Christiane MISSEGUE